«(...) Si l'on part de l'idée que Montréal doit redécouvrir sa beauté originelle qui est le libre accès à son fleuve et la remise en beauté de ses rives, de ses îles et de ses eaux,
Si d'autre part, on considère que l'emplacement de l'Exposition doit être aussi près que possible du centre de Montréal,
Si enfin, après avoir considéré les possibilités esthériques extraordinaires offertes par la réunion des deux idées que je viens d'énoncer, c'est-à-dire le mariage de l'Exposition et du fleuve St-Laurent, on constate qu'un site s'impose avec force: c'est celui suggéré par les architectes Bédard, Charbonneau, Langlois, dans la revue Architecture. (...)
Face au coeur de Montréal, la Voie Maritime est une oeuvre inachevée!
Et l'Exposition Universelle de 1967 se présente comme l'occasion rêvée de parachever l'aménagement des abords de La Voie Maritime du St-Laurent!
Ce n'est que justice pour les Montréalais de l'île et de la Rive Sud, car le bouleversement du lit du fleuve causé par la construction de la Voie maritime a causé un dommage esthétique considérable et une entrave à la libre jouissance du fleuve par les riverains.
Face au coeur de Montréal, le paysage de la Voie Maritime est affreux: immenses terrains de remplissage qui souillent le lit du fleuve et ressemblent à un dépotoir ou à un chantier à l'abandon. C'est une honte et une disgrâce pour Montréal. C'est un outrage à la Nature. Pourquoi ne pas aménager ces terrains de remplissage en espaces verts qui embelliraient le coeur de la ville de façon permanente, tout en servant d'emplacement idéal pour une Exposition universelle?»
Jean Cimon, Cité Libre, mars 1963, pp. 27-29.