Les îles de l'Expo
Sorties des eaux comme la Vénus de Botticelli

«En 1963, le port de Montréal cherchait à s'agrandir. Divers projets avaient été étudiés et la Commission des ports nationaux choisit de s'étendre vers ce qu'il est convenu d'appeler l'est de Montréal. Guy Beaudet, le maître du port, invita le maire de Montréal et le comité exécutif à voir par eux-mêmes ce que cela représenterait. À bord du Sir Hugh Allen, un charmant petit remorqueur aménagé en yacht, Beaudet amena ses invités à l'est de la ville et fit sa démonstration. Au retour, il demanda au maire, comme en passant: "Avez-vous choisi l'emplacement de l'Expo?" M. Drapeau dit que non.

"J'ai quelque chose à vous montrer", ajouta Beaudet, et le Sir Hugh Allen fit un petit détour, dépassa l'île Sainte-Hélène et s'arrêta.

"Voyez-vous les battures qui longent le mur de la voie maritime du Saint-Laurent? demanda Beaudet. En ajoutant du roc qui viendrait du métro ou du fond du fleuve ou d'ailleurs, on pourrait créer des îles tout le long de la voie maritime, les relier à l'île Sainte-Hélène, allonger l'île, la relier à l'île Ronde et à l'île Verte pour en faire un emplacement complet."

Le maire fut immédiatement séduit. Tenir l'Expositon au milieu du fleuve serait féerique. (...) »

Yves Jasmin, La petite histoire d'Expo 67, Éditions Québec/Amérique, 1997, p. 53.